Quand je me lève, je regarde le ciel. Les nuages sont présents mais se retiennent pour le moment, je suppose qu’ils vont attendre que je prenne la route pour se lâcher, les sacripans !
Quelques gouttes tombent dès que je pars, c’est l’Andalousie qui pleure de me voir partir ! J’ai aussi le cœur un peu gros de quitter cette belle région mais, promis, juré, craché, je reviendrai !
Rien que pour montrer aux nuages qu’ils ne m’impressionnent pas, je ne mets pas les vêtements de pluie ! C’est surtout que je vois des trouées bleues entre les nuages.
Je prends l’autovia A-4 en direction de Madrid. J’ai prévu un détour par des routes bordées de vert afin d’éviter la capitale et de me faire un peu plaisir.
La matinée s’écoule, quelques averses me tombent dessus mais j’ai largement le temps de sécher entre deux. Bien que ce soit un rodster, la Grisette offre une bonne protection. Quand il pleut, j’ai les manches et les épaules qui reçoivent de l’eau ainsi que le haut des jambes, le réservoir proéminent sur l’avant protège les genoux et le bassin et les 2 cylindres à plat protège les pieds.
Du côté de Ciudad Real, je m’arrête remplir le réservoir et voyant le front gris qui se présente au nord je me décide à enfiler les vêtements de pluie. Je fais le pari de ne pas mettre les surbottes qui sont gênantes dès qu’on descend de la moto. Pari gagné ! Peu après je prends une grosse averse et j’ai les pieds secs !
Je sais que je vais bifurquer sur l’A-40 un peu avant Aranjuez, c’est bientôt l’heure de manger (14h) et je me dis qu’il y aura sûrement une aire avec un resto sur l’A-40. Malheureusement, c’est une autovía récente et il n’y a aucune aire de service avant que j’en sorte. Ce n’est pas grave, je pense que je vais trouver un resto dans un des villages que je vais traverser. Erreur ! D’une part, les villages sont rares et quand j’en traverse, il n’y a rien d’ouvert. Malgré cela, je profite de la route qui est belle et des paysages de cette partie ouest du parc du Alto Tajo, ce même parc que j’ai traversé à l’aller. Finalement, j’aperçois un resto à l’entrée d’un village. L’endroit est assez classe et l’accueil sympathique. Je commande un plat de pâtes histoire d’ingérer des sucres lents. Elles ne sont pas terribles mais l’oeuf au plat et le lomo qui l’accompagnent sont très bon. Régime protéinique, donc !
Je reprends la route et traverse le village de Pastrana qui est très beau et mériterait une visite. Hélas, l’heure tourne et il faut avancer.

Passé les jolies routes à virages, je rejoins l’autovia A-2 qui relie Madrid à Zaragoza. Le reste du trajet se passe sans encombre jusqu’à Calatayud où j’ai réservé une chambre dans une « Mesòn ». 39€ la nuit pour un chambre solo, je ne m’attends pas au grand luxe mais c’est juste pour dormir. Les « mesón » sont l’équivalent de nos pensions (que l’on ne trouve plus beaucoup en France…) Et j’ai effectivement une petite chambre avec un petit lit 😊

Et la chambre n’est pas la seule bonne surprise. L’hôtel est situé dans une ancienne maison de négoce de vins et spiritueux. Les murs sont peints avec le bleu qui servait à blanchir le linge. Je n’ai pas trop compris le rapport, mais le résultat est étonnant.

Après avoir pris une bonne douche, je me promène dans le village.


Je dine au restaurant de l’hôtel qui est assez classe. Il y a pas mal de locaux. Le menu du jour est à 17€ avec entrée, plat, dessert, vin et pain compris. Je prends une salade au crabe suivie de « cucherros » sortes de ribs de porc. Le tout est très bon et le vin de la maison, bien que servi frais est agréable.
Bilan du jour, 660 km, peu de pluie, quelques virages 😊, un resto bof, un hôtel yeah et un resto 👍
Je crois que je vais bien dormir.

