Je commence la journée par faire changer mon pneu arrière. Je pense que l’ancien aurait tenu tout le retour mais je ne me sentais plus trop en confiance après la crevaison.
Un de mes objectifs de ce voyage était de revoir des endroits où je suis venu enfant. La maison de mes grands-parents paternels à Jerez et le village où est né mon grand-père maternel, Guadalcanal.
Je ne suis pas passé à la maison de Jerez hier car avec mes parents nous ne nous souvenions plus de l’adresse et je ne l’ai reçue que tard dans l’après-midi. Je m’y rends en moto. C’est dans une petite rue de la largeur d’une voiture. Je reconnais les lieux et me gare devant l’église qui n’est pas loin. Le bâtiment n’est pas entretenu et est en mauvais état. C’est dommage car c’est un bel immeuble de deux étages, avec des magasins au rez-de-chaussée. Chaque pièce des étages donne sur une coursive qui surplombe le patio.
La porte est fermée mais j’aperçois par le trou de la serrure le patio qui est dans un sale état.

Cette première séquence souvenir terminée je remonte sur la moto pour étrenner mon nouveau pneu ! Je prends l’autovia vers Séville. Elle est bordée de pins maritimes et la séparation centrale est plantée de lauriers-roses aux fleurs roses ou blanches. Cela donne un coté apaisant et coupe le vent.
Je me retrouve dans les bouchons du contournement de Séville, notamment lors de la traversée du Guadalquivir sur le pont del Centenario. C’est rigolo car ce pont utilise le système de voie du milieu réversible qu’il y avait autrefois sur le pont d’Aquitaine. Quand j’y passe la voie du milieu est réservée à l’autre sens ce qui explique les bouchons.
Peu après Séville, je quitte l’autovia pour rejoindre la Sierra del Norte. Je traverse la vallée du Guadalquivir qui offre un paysage de cultures labourées entrecoupées d’orangeraies.
Dès l’entrée dans le parc naturel de la Sierra del Norte j’emprunte une petite route complètement défoncée. Par endroits, je suis obligé de rouler en seconde debout sur les reposes-pieds !

Le paysage est superbe mais la route est étroite et bordée de rails de sécurité, c’est plutôt compliqué pour s’arrêter. A un moment, j’aperçois fugacement une mer de panneaux solaires, je cherche un endroit pour faire demi-tour afin de la photographier. Mais c’est vraiment trop chaud ! Vous n’avez qu’à imaginer des dizaines d’hectares de collines recouvertes de panneaux solaires ! La route traverse des forêts de chênes-liège parsemées d’oliveraies et d’orangeraies. Je passe aussi devant quelques entrées d’haciendas dont on ne voit que le portail.

Au bout d’une quinzaine de kilomètres, je rejoins une route large avec un bitume en bon état. Que ça fait du bien ! Je m’arrête manger à El Pedroso. C’est une région de chasse et la carte propose différents gibiers, chevreuil, sanglier, etc. J’opte pour une assiette de crudités et un civet de chevreuil. Copieusement servi et délicieux. J’en profite pour repérer l’hôtel où je vais venir dormir ce soir. En effet, je pensais faire une grande boucle pour rejoindre Guadalcanal et venir dormir ici. Mais le changement de pneu et la visite de la maison de Jerez ont un peu bousculé mon planning. Ce n’est pas grave, c’est plein de jolies routes par ici ! J’arrive à Guadalcanal en début d’après-midi (vers 15h30 …). Je n’ai pas retrouvé le nom de la rue où habitait le frère de mon grand-père. Je déambule au hasard. Je me souviens d’une petite rue bordée de maisons blanches, pavée de pisé et d’un bel abreuvoir où on amenait boire le burro et dans lequel je faisais flotter des bateaux en papier. Je me souviens qu’il était joliment décoré. Les rues ne sont plus pavées en pisé et elles sont toutes petites avec des maisons blanches !

Soudain, au détour d’une rue, je découvre l’abreuvoir, encore plus beau que dans mon souvenir !

Je cherche dans les rues autour mais aucun souvenir marquant ne me permet d’identifier la bonne. Il faut dire que j’avais 11 ans la dernière fois que je suis venu ici !
Je continue de visiter le village qui est assez sympa.


Je reprends la route pour rejoindre El Pedroso en passant par Constantina car j’ai lu qu’il y a des maisons d’architecture mauresque. Hélas, le centre est un labyrinthe de toutes petites rues dans lequel je me perds malgré le GPS et surtout, je n’arrive à trouver aucun endroit pour stationner. Je comprends mieux l’utilité des parkings qui entourent la ville. Tant pis, je reprends la jolie route qui me ramène à El Pedroso. De l’extérieur, l’hôtel ne paie pas de mine mais l’intérieur est typiquement andalous ! Magnifique.





Bonjour cousin
Que de beaux souvenirs dans cette belle ville de Jerez qui nous tient tellement au cœur.
Quelle tristesse de voir la belle maison de nos vacances dans cet état.
Je t’embrasse à bientôt
Sonia